Atelier de peinture Véronique Walter Lausanne, Suisse

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 Véronique Walter 

A la fin de la composition, Véronique Walter coud ses toiles avec du fil. Elle avoue, si ce n’est une influence, du moins une grande admiration pour les « tableaux-laine » d’Alice Bailly.

 

« J’ajoute, comme une dernière touche, des fils qui me permettent de recadrer l’histoire. Ce que je propose est un jeu de transparences, de reflets, de mouvements avec l’architecture.

 

«C’est une construction.» De même, elle émaille ses compositions de mots : « J’utilise des tampons, des letraset ou des images de graffitis. J’aime les lettres pour leur graphisme, pour l’écho qu’elles donnent à l’image. »

 

Propos recueillis par Emmanuelle Ryser

Reporter semble le maître-mot :

Véronique Walter ne dessine plus directement sur la toile.

 

Elle reporte des photos prises en voyage, mais aussi des couleurs, qui sont transférées et non appliquées directement. C’est la toile, le papier ou le bois qui absorbe et non pas elle qui peint.

 

Elle se laisse surprendre par les superpositions. Certaines images disparaissent de la toile. D’autres adhèrent mal et se brouillent.

 

L’artiste s’émerveille de ces surprises. Ses images sont à lire comme des palimpsestes : le tableau est la couche finale de nombreux passages (jusqu’à dix) de décalcomanies et autres transferts.

 

L’histoire ainsi créée contient toutes celles qui se sont effacées.

 

Depuis toujours, cette artiste lausannoise qui travailla au Musée de l’Elysée, s’est intéressée à la photographie.

De même qu’à l’urbanisme et à l’architecture.

C’est tout naturellement qu’elle s’est fait entraîner par une technique personnelle de décalcomanies dans une série de villes.

 

« J’aime les villes et le mouvement, les paysages qui bougent, explique Véronique Walter. Il y a toujours beaucoup de chantiers et d’ouvriers dans mes compositions. Je travaille la trame de mes photos, je les découpe et j’en utilise des bribes dans mes tableaux. »

 

« Je travaille la mémoire visuelle, la mienne comme celle du spectateur,

raconte-t-elle. Je prends des photos, je les garde, je les regarde,

je me constitue une banque d’images et finalement je les bouscule. »

 

Et on ne peut s’empêcher, à entendre ce mot « bousculer »,

de penser aux grandes métropoles. A ces villes toujours en mouvement,

à ces paysages en perpétuelles mutations.

 

Aux photos très graphiques de Sao Paulo ou de La Havane de René Burri. Comme dans une grande ville, le spectateur « passe » devant les images de Véronique Walter.

 

Il se sent happé par l’histoire, par les mélanges de Paris, Londres ou New-York. Il se fabrique sa propre histoire. Et, comme face à une gravure, il ressent la magie de la création.

 

Une technique quasi mystérieuse qui provoque de l’émotion. Et il se sent, lui aussi, «bousculé».